À propos

Né à Paris en 1963. Diplômé de la Villa Arson en 1988.

Graphiste sur les premiers outils numériques à partir de 1989 dans une société de post-production parisienne, finalisant clips, habillages télé, génériques d’émissions et puis surtout publicités. Réalisateur de films publicitaires de 1998 à 2004.

À la suite d’un court-métrage de fiction, je m’aperçois que ce qui m’anime n’est pas tant la narration que les problématiques de composition, de couleur ainsi que de texture d’image.

Le passage à la peinture devient alors une évidence et je commence à  travailler ce médium dans la solitude de l’atelier. Je pu expérimenter et progresser en toute indépendance et liberté en étant dégagé des obligations financières grâce au métier de graphiste numérique intermittent ( finalisation de films publicitaires et trucage de long métrages ) à partir de 2006.

Si ces deux activités peuvent sembler proches — car il s’agit toujours de mise en oeuvre d'images —, c’est en fait un grand écart de savoir-faire. De l’une, hyper-connectée avec l’esprit du temps, à la pointe de la technologie, collective et à finalité commerciale ; à l’autre, solitaire et expérimentale, qui mobilise un autre genre d’esprit beaucoup plus intemporel celui-là, car en discussion permanente avec les œuvres du passé et n’ayant d’autre but que son propre fondement.

De plus, la présence dans le vis à vis du tableau change totalement la qualité du regard.

Une autre alchimie se met en place : la main qui s’anime et son observateur l’œil-conscience, peuvent de concert évoluer et se transformer, se transmuter.


À propos

Ma démarche artistique

Les fonds des peintures classiques, avec leurs paysages lointains m’ont toujours attiré, comme si cet « arrière-pays » était l’essence même du tableau. La figure du premier plan devenait, elle, anecdotique, à l’image de l’absurdité de plus en plus prégnante de notre monde contemporain. Le besoin de peindre vient comme pour exorciser le vide existentiel crée par notre société de consommation.

Les paysages imaginaires et fantasmés, souvenirs de paysage ou paysages du souvenir se sont alors imposés dans mon travail. Le sentiment nostalgique vis à vis de ce fond naturel  auquel nous appartenons et la conscience de la fragilité de celui-ci, de l'effondrement qu'il subit actuellement par notre fuite en avant technologique alimente le besoin de s'y ressourcer.

Le geste de peindre, qui donne naissance au tableau, cherche à y inscrire une présence, à y ériger une figure, ici et maintenant. 

L’arbre, le végétal, est à l’image de cette dynamique : une figure de l’émergence créatrice, reposant sur le terreau de toutes nos décompositions. Cycle créateur et destructeur issu de la nature même des choses, éternel retour d’une puissance  gouvernée par le principe des contraires — la génération et la corruption, la vie et la mort, soit ici le trait et son effacement.

Il incarne une figure du corps naissant, souffrant et disparaissant, à l’image de notre condition humaine, mais tout en débordant celle-ci pour être plus largement universelle : une figure du monde vivant. Il fait aussitôt corps et se ramifie comme nos pensées ; il place d’emblée un espace de jonction entre le ciel et la terre, entre le haut et le bas, la matière et l’esprit.

Il structure par sa présence dressée le tableau lui permettant de se « tenir » devant nous. Il est une armature, donnant corps, force et dynamisme au tableau et permettant à la surface sensible de celui-ci de s'épanouir en un espace d'expression libre.

La qualité du tracé que j’essaie de donner est là non pas tant pour inscrire et délimiter la forme, mais plutôt pour l’ouvrir sur l’illimité.

Ma démarche artistique